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Prise en charge psychosociale des Personnes déplacées internes : UNFPA renforce le paquet d’offres de soins

« Il y a deux ans, mon village a été attaqué par des individus armés. Avec ma famille, nous avons fui et trouvé refuge à Barsalogho. Pendant cette tumultueuse traversée pour rejoindre un lieu sûr et sécurisé, j’ai été violentée et brutalisée par des personnes qui me sont inconnues », confie Clémence, 35 ans, présente ce matin au Centre médical de Barsalogho pour le suivi de sa prise en charge psychologique.


Clémence, 35 ans, présente ce matin au Centre médical de Barsalogho pour le suivi de sa prise en charge psychologique.

Mariée et mère de sept (07) enfants, Clémence a gardé de graves séquelles des violences endurées pendant cette longue fuite. « Lorsque nous sommes arrivés à Barsalogho, j’ai bénéficié d’une prise en charge médicale car j’avais très mal aux côtes. Après cela, j’ai commencé à développer des hallucinations. La nuit, il m’est impossible de dormir. J’entends des voix qui me parlent. Je sens la présence de formes humaines dont j’ignore la provenance, qui se couchent à mes côtés, lorsque je me mets au lit ».  

Prise en charge au centre médical de Barsalogho, Clémence bénéficie d’un accompagnement psychologique pour recouvrer la santé. Après chaque séance de consultation avec la psychologue, Clémence avoue se sentir de mieux en mieux. « Je ne pensais pas pouvoir m’en sortir après tout ce que j’ai vécu. Aujourd’hui j’ai espoir et je crois fermement qu’un jour je guérirai définitivement. »

Dans le centre de prise en charge intégrée des cas de VBG installé dans le Centre médical de Barsalogho, Yeri Pélagie, psychologue, consulte plus de 10 patientes ce jour. « Au regard de la situation de crise sécuritaire, je reçois de nombreux cas de stress post-traumatique et des cas d’anxiété généralisée. La plupart des cas de stress dépassé surviennent lorsque le stress post-traumatique n’est pas résolu. Tout facteur stressant ou anxiogène qui apparaît occasionne un stress dépassé chez les patients ».

Recruté par UNFPA dans le cadre de la réponse à la crise humanitaire pour assurer la prise en charge psychosociale des personnes déplacées internes de la commune et des populations hôtes, Yéri Pélagie reçoit également des cas de psychose schizophrénique.


Y.E assure la prise en charge psychosociale des personnes déplacées internes

« Dans les zones à défis sécuritaires, l’accès à certains villages est réduit pour sensibiliser les populations sur la gestion du stress. Tous les habitants ne sont pas informés que des services de prise en charge psychosociale existent », relate-t-elle. « Si leur stress perdure, il peut provoquer ou aggraver une maladie physique ou mentale. Plus d’autres troubles surgissent, plus la prise en charge devient complexe ; d’où l’association avec un attaché en santé mentale dans ce centre où j’interviens ».

Concernant la fréquentation du poste de prise en charge, la psychologue confie que la situation évolue en dent de scie. « Pendant la saison sèche (Janvier à Avril), les femmes parcourent des kilomètres à la recherche de points d’eau pour s’approvisionner. Des déplacements pendant lesquelles elles sont agressées. Outre cet état de fait, nous avons constaté également un pic au tout juste début de chaque saison hivernale (Mai – Juin) où les femmes vont aux champs pour le défrichage et la mise en terre des semis. Le pic de fréquentation des consultations est également observé à la fin de la saison hivernale (octobre) où les femmes vont aux champs pour les récoltes, s’approvisionner en bois et en paille ». Pendant ces périodes de pic, le poste de prise en charge psychosociale enregistre une fréquentation moyenne de 200 à 250 cas par mois.

Par ailleurs, notons que 30 % des patients sont des hommes qui sont pris en charge notamment pour des cas de schizophrénie, d’épilepsie et aussi des cas de dépression due à l’oisiveté dans ce contexte de crise sécuritaire où les activités commerciales sont au ralenti.

Au cours de l’année 2020, ce sont 1036 personnes qui ont bénéficié d’une prise en charge psychosociale au centre médical de Barsalogho dont 756 femmes pour des cas de stress post traumatique.

 

Rédaction : NABOLE Pélagie                                    

Photographies : Pélagie NABOLE