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UNFPA, une agence humanitaire qui aide les populations déplacées internes du Burkina Faso

15 juillet 2019
UNFPA, une agence humanitaire qui aide les populations déplacées internes du Burkina Faso
La crise humanitaire que le Burkina Faso traverse a entraîné plus de 220 000 déplacés à l’intérieur du pays à la date du 10 juillet 2019 ... UNFPA, fidèle à son engagement dans le cadre de sa coopération avec le gouvernement du Burkina Faso a activé son volet humanitaire pour aider le pays à faire face à cette situation.

 

La crise humanitaire que le Burkina Faso traverse a entraîné plus de 220 000 déplacés à l’intérieur du pays à la date du 10 juillet 2019. Cette situation consécutive à la situation sécuritaire du pays fait perdre aux populations touchées un pan important de leur vie car elles arrivent sur les sites de relogement sans un minimum pour protéger leur dignité, protéger leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive et sans aucune protection contre les violences basées sur le genre. UNFPA, fidèle à son engagement dans le cadre de sa coopération avec le gouvernement du Burkina Faso a activé son volet humanitaire pour aider le pays à faire face à cette situation. C’est dans ce cadre que le Représentant de l’UNFPA au Burkina Faso, Monsieur Auguste Kpognon et son équipe est descendu sur le terrain pour prendre le pouls de la situation.

Plaidoyer du Représentant de l’UNFPA en faveur des 15 000 personnes déplacées internes de Pissila,

Pour toucher du doigt les réalités des personnes déplacées internes du Burkina, l’équipe de l’UNFPA s’est rendue à Pissila située à 30 km de Kaya dans la province du Sanmatenga. Arrivée sous une température de 40 degré à l’ombre, la délégation de l’UNFPA accompagné des autorités locales a constaté sur le terrain une situation très préoccupante. En effet, plus de 15 000 personnes constituées majoritairement (70% environ) de femmes et d’enfants s’y trouvent et dans des conditions très précaires selon le Préfet, la plus haute autorité administrative de la localité.


Le Représentant Résidant de l'UNFPA en entretien avec le prefet de Pissila (à gauche), en compagnie du Directeur Régional de la Santé (au centre)

Après la visite du site, le Représentant de l’UNFPA Monsieur Auguste Kpognon a fait le constat suivant :

« Elles sont logées soit dans des familles d'accueil soit dans des écoles, dans des conditions sanitaires difficiles. Aussi, la promiscuité homme/femme y compris les faibles moyens de substance pourrait accroitre la vulnérabilité des femmes et des adolescentes et les exposer aux violences sexuelles ». 

Fort de ce constat, il a plaidé auprès des autorités locales et des partenaires humanitaires de la localité pour une réponse rapide. Il a par ailleurs recommandé que les kits de Santé de la Reproduction et de dignité de l’UNFPA que le Conseil Régional de Secours D’Urgence et de Réhabilitation (CORESUR) de la région du Centre Nord vient de recevoir soient immédiatement mis à la disposition de ces populations déjà durement éprouvées. Aussi, il a engagé un plaidoyer auprès des agences sœurs du système des nations unies afin que des actions massives, urgentes et coordonnées soient prises pour aider ces déplacés de Pissila dont le nombre va en grandissant.


L'UNFPA, le Préfet de Pissala (à gauche) en discussion avec les agents de l'action sociale chargés du recensement des déplacés 

 

Des kits de santé de la reproduction et des kits de dignité pour mettre en place le dispositif minimum d’urgence en matière de santé sexuelle et reproductive

Avant de se rendre à Pissila, le Représentant de UNFPA a transmis des Kits de dignité et des kits de santé de la Reproduction d’une valeur de plus de 100 millions de CFA ( 180 000 USD) au Gouverneur de la région du centre-Nord pour appuyer la prise en charge des personnes déplacées afin de sauver des vies. Si les kits de dignités permettront à 2 500 femmes de protéger leur dignité en cette situation difficile, les kits de santé de la reproduction quant à eux, permettront de renforcer le dispositif de santé pour plus de 500 000 bénéficiaires. En outre, ces kits permettront de répondre à l’objectif des trois (3) zéro du plan stratégique de l’UNFPA à savoir :

  •  éviter les décès maternels chez les femmes déplacées internes,
  •  répondre aux besoins en contraceptifs et
  • protéger contre les violences basées sur le genre.

C’est un Gouverneur (Autorité Administrative) visiblement très soulagé et  content de recevoir ces kits qui a remercié l’UNFPA pour son accompagnement. Il a instruit  les acteurs humanitaires concernés à  procéder au déploiement immédiat de ces kits sur le terrain afin de soulager les populations déjà durement affectées.

 

Récit d’une personne déplacée interne

En une nuit, le désespoir s’est abattu sur nous. Nous avons dû fuir pour sauver nos vies sans même pouvoir penser à nos proches. Nous avons tout perdu dans la fuite. Aujourd’hui nous avons trouvé refuge sous les arbres ou dans les écoles. Nous manquons de tout. Nous nous retrouvons parqués dans les salles de classe, homme, femmes et enfants. Aucune dignité, aucune intimité, sans moyens pour assurer les besoins les plus basiques de nos familles. Nous avons besoins d'aide pour améliorer nos conditions de vie, et aussi pour rentrer chez nous.


Les salles de classes sont réquisitionnées pour servir d'abris

 

Rappel de la situation humanitaire du Burkina Faso

 

En rappel le Burkina Faso fait face à une augmentation importante des besoins humanitaires du fait de l’accroissement de l’insécurité au Centre-nord et dans d’autres régions du pays. Des groupes armés harcèlent les civils, enlèvent et assassinent des informateurs présumés ou des agents de l’État, brûlent des écoles et menacent des membres du corps enseignant. Pour la première fois, le Burkina Faso est confronté à des déplacements internes. Au total, plus de 220 000 personnes se sont déplacées à l’intérieur du pays à la date du 10 juillet 2019, créant une situation humanitaire sans précédent. Le pays accueille déjà près de 25 000 réfugiés, dont la plupart sont des maliens dans la région du Sahel.

L’insécurité affecte profondément le fonctionnement et l’accès aux services de base dans des communautés qui sont considérées parmi les plus vulnérables du Sahel. Plus de 1 933 écoles étaient fermées affectant 326 609 élèves, et 368 531 000 personnes étaient affectées par la fermeture de 37 formations sanitaires ainsi que du fonctionnement en service minimum de 57. Les conflits intra et intercommunautaires sont en train de se multiplier, avec une prolifération hors contrôle des armes, les rendant plus violents et meurtriers.


Illustration carte humanitaire