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Mariage d’enfant : « À 15 ans, mon père voulait me donner en mariage », Noélie

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Nouvelles

Mariage d’enfant : « À 15 ans, mon père voulait me donner en mariage », Noélie

calendar_today 08 avril 2026

Noélie a été sauvée du mariage d'enfants grâce aux activités menées par les "espaces sûrs"
Noélie a été sauvée du mariage d'enfants grâce aux activités menées par les "espaces sûrs"

Kaya, Burkina Faso - Le mariage d’enfants demeure une réalité pour certaines filles, notamment dans les zones rurales. Mais grâce aux efforts du Gouvernement et de ses partenaires comme l’UNFPA, les mentalités changent, des vies aussi. Le témoignage de Noélie illustre le courage et la résilience d’une jeune fille sauvée d’un mariage d’enfant grâce à l’intervention d’associations partenaires de l’UNFPA.

 

« Quand j’étais au village, un soir, mon père m’a appelée. Il m’a dit qu’il avait déjà pris sa décision : il voulait me donner en mariage à un homme de 36 ans que je ne connaissais pas. »

À seulement 15 ans, cette jeune fille voit son avenir basculer. Malgré son refus, son père reste catégorique : « ton avis ne compte pas ». Comme beaucoup d’autres filles dans son cas, elle aurait pu voir ses rêves brisés. Mais Noélie a choisi de parler.

« Le lendemain, je suis allée voir une mentor du centre d’écoute que j’avais rencontrée lors des sensibilisations dans mon village. Je lui ai expliqué ce qui s’était passé. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle allait m’aider. », raconte-t-elle. Dans cette région du Burkina Faso, selon les données de l’Enquête démographique et de santé (EDS) 2021, 9 % des filles âgées entre 20 – 24 sont mariées avant 15 ans et 38 % mariées avant 18 ans.

Alertée, la mentor contacte l’association Tin-Tua, engagée aux côtés de l’UNFPA depuis plusieurs années dans la lutte contre les mariages précoces et pour la promotion des droits des filles. Une délégation se rend alors dans le village pour rencontrer la famille de la jeune fille.

C'est dans ce "espace sûr" que Noélie a bénéficié d'activités pour renforcer ses compétences et la rendre plus autonome
C'est dans cet "espace sûr" que Noélie a bénéficié d'activités pour renforcer ses compétences et la rendre plus autonome

La discussion est tendue. « Ma famille ne les a pas bien accueillis ; ils les ont même menacés, insultés », raconte Noélie. Mais l’association persiste, dialogue, explique les dangers du mariage d’enfant et plaide pour que la jeune fille poursuive son éducation.

Finalement, après plusieurs échanges, les parents de Noélie ont accepté de ne pas la marier et de la laisser poursuivre ses études. « Ils ont dit qu’il n’y avait pas de problème, que je pouvais continuer mes études et rester à la maison aussi longtemps que je voulais », explique-t-elle.

Un nouveau départ à Kaya

Noélie vit désormais à Kaya, où elle poursuit sa scolarité dans la filière de son choix. Le climat y est plus sûr, et les relations avec ses parents sont au beau fixe. En plus de l’école, elle a reçu une formation en saponification dans un "espace sûr". Cette activité lui permet de subvenir à certains de ses besoins.

« Quand je vends, je gagne un peu d’argent. Avec ça, je peux acheter mes affaires personnelles, comme du coton ou de la pommade. Parfois, j’envoie aussi un peu d’argent à ma maman au village. », raconte-elle.

Un espoir pour d’autres filles

Grâce à la mobilisation du Gouvernement et des partenaires comme l’UNFPA et des leaders communautaires, les filles comme Noélie reprennent espoir, retrouvent le chemin de l’école et deviennent des exemples de résilience pour leur communauté.

En 2025, le Programme conjoint UNFPA-UNICEF contre le mariage des enfants a renforcé de manière significative le leadership, l’autonomisation et la résilience des adolescentes à travers la mise en place d’espaces sûrs touchant au total 86 182 adolescentes dont 13 076 déplacées internes et 1,908 vivant avec un handicap, 62 % de la cible initiale. Toutefois des défis demeurent et la mobilisation doit rester constante. La mobilisation communautaire et institutionnelle, ainsi que la consolidation des mécanismes de prévention et de protection contre le mariage des enfants demeurent nécessaires pour éliminer le mariage des enfants.

Les leaders communautaires sont mis à contribution pour renforcer la mobilisation communautaire contre le mariage d'enfants
Les leaders coutumiers sont mis à contribution pour renforcer la mobilisation contre le mariage d'enfants. 

Des avancées notables du cadre juridique

Le pays a enregistré des avancées importantes en matière de droits des filles, avec notamment l’adoption du nouveau Code des personnes et de la famille (CPF). Cette réforme harmonise l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles et les garçons. Elle constitue l’aboutissement d’un plaidoyer soutenu par les acteurs de la protection de l’enfant appuyés par l’UNFPA et l’UNICEF.

En alignant la législation nationale sur la Convention relative aux droits de l’enfant, cette avancée renforce la protection juridique des filles contre les mariages d’enfants, et améliore leurs perspectives en matière d’éducation, de santé et d’autonomisation.

https://www.youtube.com/watch?v=4hE7eODoOqU

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