Repenser en profondeur le modèle national de financement de la santé
Placé sous le thème « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du Plan national de Développement 2026-2030 », le FONAFIS (Forum National sur le Financement de la Santé) est une initiative du Gouvernement burkinabé, dont la 1ère édition se tient du 25 au 27 mars 2026 à Ouagadougou et réunit plus de 400 personnes, dont des ministres, experts, partenaires techniques et financiers, ainsi que des délégations étrangères. A travers l’organisation de ce rendez-vous majeur, le Gouvernement exprime clairement sa vision : Repenser le financement du système de santé burkinabè, rompre avec la dépendance aux financements extérieurs et bâtir un modèle endogène, centré sur la souveraineté sanitaire.
Les leviers devant soutenir cette souveraineté sanitaire se déclinent par le financement de la santé avec des ressources endogènes et innovantes telles que : le financement domestique, le secteur privé, les contributions patriotiques, les diaspora bond, les taxes dédiées, la production locale des médicaments essentiels, etc. Le Plan National de Développement 2026-2030, adopté le 29 janvier 2026 soutiendra fortement la réalisation de cette ambition, car elle intègre la santé comme pilier du progrès social et du développement humain.
L’UNFPA, partenaire traditionnel de choix et de qualité pour le Burkina Faso dans le financement du secteur de la santé
Le programme de coopération entre le Burkina Faso et l’UNFPA est parfaitement aligné sur les priorités du Burkina Faso. La contribution financière annuelle de l’UNFPA dans la mise en œuvre des activités de santé est d’environ 2 milliards de francs CFA au profit des 70 districts sanitaires, des 13 directions régionales de la santé, de la Direction de la santé de la famille, de la Direction de la chaîne d’approvisionnement des produits de santé et pour la chirurgie essentielle. A cela, s’ajoute environ 1 milliard 200 millions de francs CFA de produits contraceptifs et de produits de santé de la reproduction.
En plus de l’UNFPA, plusieurs partenaires bilatéraux et multilatéraux participent au financement du secteur de la santé, auquel l’Etat alloue 12% du budget national annuel, s’approchant ainsi de la Déclaration d'Abuja, adoptée en avril 2001 par les pays de l'Union africaine. Cette déclaration engage les gouvernements à consacrer au moins 15 % de leur budget annuel au secteur de la santé.
De la fragmentation à l’alignement : renforcer le financement de la santé au Burkina Faso
La Multiplicité des canaux de financement (Budget, donateurs, assurance, subventions et ménages) génère des inefficiences, des inégalités et des difficultés de pilotage. Cet état de fait a des conséquences négatives sur l’efficacité des financements, qui doivent permettre d’offrir des services et des soins à la population, jusqu’au dernier kilomètre et de ne laisser personne de côté.
Afin d’analyser les sources de fragmentation du financement et de proposer des mécanismes de pooling (mise en commun) plus efficaces pour améliorer l'équité et l'efficience, l’expertise de l’UNFPA a été présentée et mise à profit, à travers une présentation de Matthew CUMMINS, Conseiller régional en économie de la santé et politique sociale au Bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO). Il a partagé l’exemple concret du Match Fund de l’UNFPA, un modèle qui permet à tous les mécanismes existants de mieux fonctionner ensemble sans réformer l’ensemble du système. Selon l’expert, « des mécanismes tels que le « Match Fund » montrent comment la mise en commun des incitations et l’alignement des financements peuvent contribuer à réduire la fragmentation, en particulier dans des domaines prioritaires tels que la santé maternelle ».
Ce panel fort enrichissant, en plus de la dizaine de sessions parallèles, ont permis à tous les acteurs d’échanger sur les différentes questions d’intérêt et prendre des engagements fermes qui permettront au Burkina Faso de prendre « un nouveau départ dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques en matière de santé. Il ne s’agit pas de s’isoler, mais de poser les jalons d’un système de santé robuste, fondé sur nos ressources endogènes mais aussi les partages enrichissants avec les partenaires d’Afrique et d’ailleurs », comme l’a martelé SEM le Premier Ministre. Et l’UNFPA Burkina Faso, participera activement à cette « Révolution sanitaire ».
