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De pratiques artisanales à l’autonomie renforcée : Le parcours de Fati TIETIEMBOU, Présidente d’une coopérative à Pô, Burkina Faso.

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De pratiques artisanales à l’autonomie renforcée : Le parcours de Fati TIETIEMBOU, Présidente d’une coopérative à Pô, Burkina Faso.

calendar_today 09 avril 2026

Fati TIETIEMBOU, Présidente d’une coopérative à Pô, Burkina Faso.
Fati TIETIEMBOU, Présidente d'une coopérative à Pô, Burkina Faso.

Très impliquée dans la vie collective de Pô, sa ville natale, Fati dirige la coopérative Louralana qui signifie "la famille est importante”. Avant l’intervention du projet "Développement de la résilience des Femmes et des Jeunes face aux effets du changement climatique/nexus humanitaire-développement-paix”, financé par le Grand Duché de Luxembourg, elle et les autres femmes de la coopérative faisaient vivre la filière soumbala selon des savoir-faire artisanaux transmis de génération en génération.

“Quand je produisais le soumbala avec les membres de la coopérative, nous faisions simplement bouillir les graines de néré qui étaient ensuite séchées et pilées. Parfois nous ajoutions même du sable pour faciliter le processus. Le lavage était insuffisant et le tri des graines était négligé.”

Ces méthodes, pourtant ancrées culturellement, présentaient des limites sanitaires, économiques et organisationnelles qui fragilisaient les ménages et écartaient toute perspective d’essor commercial. Sur le plan financier, les revenus de la vente du soumbala étaient rapidement consommés par des dépenses quotidiennes (achats alimentaires, bois, etc.), si bien qu’il ne restait que peu ou pas d’épargne ni d’investissements productifs. “Le peu que nous gagnions rentrait dans les achats de condiments et autres nécessités pour pouvoir nourrir la famille”, explique Fati.

Fati et ses collaboratrices en train de trier les graines de niébé pour la production du soumbala
Il faut beaucoup de temps pour trier les graines de niébé pour la production du soumbala...

 

Le renforcement des compétences pour une filière rentable et durable

Ce sont au total 5000 femmes comme Fati qui ont bénéficié de formations sur la gouvernance, les techniques de production, l’hygiène, la gestion des déchets et la transformation des produits forestiers non ligneux. Cela a contribué non seulement à une meilleure structuration de la filière, mais aussi à son intégration dans des chaînes de valeur durables et compétitives. 

Les formations apportées par le projet ont profondément modifié les gestes techniques et les procédures de la coopérative. “ La formation a transformé notre façon de faire le soumbala : désormais nous trions, lavons et pilons correctement ; le produit est plus propre et de meilleure qualité. “ a déclaré Fati.

Au-delà des compétences techniques et productives, Fati a appris grâce à la formation sur la gestion des finances, à distinguer l’argent de poche du fonds de roulement; à tenir une comptabilité simple, dissocier les dépenses domestiques du capital d’exploitation et planifier les recettes pour investir dans la production. Cette discipline a permis à la coopérative de conserver des bénéfices, d’acheter des équipements et d’envisager une croissance durable.

Fati et ses collaboratrices sont en pleine production du soumbala, une épice servant à assaisonner les repas
Fati et ses collaboratrices sont en pleine production du soumbala, une épice servant à assaisonner les repas.

 

L’ouverture au numérique et à de nouveaux marchés

De plus, grâce à l’initiation aux  outils numériques et des techniques de commercialisation (e-commerce, réseaux sociaux), Fati comprend désormais comment valoriser son soumbala en ligne, toucher de nouveaux clients et développer des canaux de vente qui réduisent la dépendance aux marchés locaux tout en augmentant les revenus potentiels. “Avant, j’utilisais mes données internet pour me connecter aux réseaux sociaux et me divertir. Je ne savais pas que je pouvais vendre mon soumbala sur Facebook par exemple.” En effet, Fati est passée d’un chiffre d'affaires mensuel de 35.000F à 80.000F grâce à la commercialisation de ses produits à travers les réseaux sociaux.

En passant d’un savoir-faire artisanal insuffisamment structuré à une production plus propre, mieux gérée et mieux valorisée, Fati et sa coopérative montrent que la résilience se construit pas à pas, au croisement du renforcement des capacités et de l’autonomisation. Leur expérience est un appel à poursuivre et à amplifier ces investissements humains, pour que d’autres femmes puissent, comme Fati, changer durablement le cours de leurs vies et de celles de leurs communautés.

La préparation du soumbala est si minitieuse, qu'elle se fait en plusieurs étapes.
La préparation du soumbala est si minutieuse, qu'elle se fait en plusieurs étapes.

 

Ce projet, dont l’objectif est de renforcer la résilience et la contribution des femmes et des jeunes des zones rurales et semi urbaines aux économies locales territoriales et leur accès à des revenus décents dans le respect de la préservation et la protection de l’environnement, a connu   une durée de 27 mois. Il a couvert quatres régions du Burkina Faso à savoir, les régions de Guiriko, Nazinon, Tannounyan et Bankui. Cela a permis à L’UNFPA ainsi que ses partenaires d'exécution tels que Tree Aid, Plan International, la Confédération des Institutions Financières et l’Association pour la Paix et la Solidarité, d’accompagner 300 coopératives incluant 40 entreprises forestières villageoises.

Fati, entourée de ses collaboratrices
A travers ces activités génératrices de revenus coordonnées par Fati, ce sont plusieurs femmes qui vivent dignement